Aimé Césaire

Cahier d'un retour au pays natal
Oratorio

couverture Cahier d'un retour au pays natal, aimé césaire
logo charles Cros

"Coup de Coeur 2008"
Académie Charles Cros"

EPM 3 017 754

C’est en 1967, que je découvre, grâce à l’Anthologie négro-africaine de Lilyan Kesteloot, le Cahier d’un retour au pays natal par de larges extraits ainsi que l’extraordinaire richesse et vitalité du continent littéraire noir. Il me fallut peu de temps pour passer de ces extraits à l’intégralité du poème ainsi qu’aux autres écrits d’Aimé Césaire qui, dès lors, n’ont pas cessé de m’ accompagner.

Trois périodes jalonnent cette mise en musique du Cahier d’un retour au pays natal : En juillet 2000, je créais sur scène au festival « Les Tombées de la Nuit » à Rennes, l’importante séquence intitulée « Ceux qui n’ont inventé… » avec Jérôme Lefebvre à la guitare et Gaël Ascal à la contrebasse. L’accueil très positif reçu par cet extrait m’a enhardi au point d’exposer à Aimé Césaire mon projet d’une mise en musique de la globalité de son œuvre. Ecoute bienveillante et réponse positive furent au rendez-vous.

En juin 2003, à l’occasion du quatre-vingt-dixième anniversaire d’Aimé Césaire, je présentais, au Vingtième Théâtre à Paris, un premier état de la version musicale du Cahier. J’associais pour cette occasion des poèmes de Léon Gontran Damas et de Léopold Sédar Senghor. L’équipe était constituée de Claire Delaporte (chant), Fabian Daurat (guitare), Matthias Mahler (trombone) et Gaël Ascal (contrebasse).

Après une année 2005 consacrée à l’écriture et l’enregistrement d’un CD-audio réunissant les trois hommes emblématiques du Mouvement de la Négritude – Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor Léon Gontran Damas –, j’élargis l’instrumentation et complète en 2006 les mises en musique du Cahier afin de débuter le 1er mai 2007 les répétitions et enregistrements.

Cette réalisation discographique dont Aimé Césaire a suivi toutes les étapes devait lui être offerte le 26 juin 2008 pour son quatre-vingt quinzième anniversaire.

Le jeudi 17 avril 2008, mon ami Marius Catorc m’appelait de Fort-de-France. Aimé Césaire venait de décéder. Quelques jours auparavant, Aimé Césaire approuvait "l’emploi du terme oratorio" pour qualifier cette mise en musique de son poème. Ce fut l’un de nos derniers échanges.

Programme et extraits musicaux

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L’équipe musicale est constituée de:

Chant : Cécile CHARBONNEL (CD 2, titres 4, 7, 9 et 23)
Piano: Sylvain DURAND
Guitares : Benoît SIMON
Clarinette et saxophones : Philippe DOURNEAU
Trompette : Brice PICHARD
Trombone : Matthias MAHLER
Violoncelle : Emmanuelle SCHREIBER
Contrebasse : Jean-Michel CHARBONNEL
Diction et chant : Bernard ASCAL

Arrangements :

Sylvain DURAND , Bernard ASCAL
Direction artistique : Bernard ASCAL

Cette parution a été soutenue par :

La Ville de Fort-de-France
Radio-France-International
Le Printemps des Poètes

Les points de vue de Fernand Nouvet dans l'Humanité,
Jean Buzelin dans Culture Jazz,
Bachar Rahmani dans Afrique Asie,
Alain Kewes dans Décharge

L'Humanité n°19662, vendredi 12 décembre 2008
article de Fernand Nouvet

article de presse

Culture Jazz n°19662, vendredi 11 septembre 2008
article de Jean Buzelin

article de presse

Afrique Asie, mai 2009
article de Bachar Rahmani

article de presse

Décharge n° 140, décembre 2008
article d'Alain Kewes

Bernard Ascal a toujours pratiqué en parallèle l’écriture, la peinture et la musique, à quoi l’on ajoutera un travail spécifique de mise en voix des poètes contemporains, particulièrement surréalistes d’une part (Mansour, Leiris, Soupault...), et issus de la francophonie de l’autre, poètes du Maghreb (Laâbi, Djaout..), africains (Senghor...) ou antillais (Depestre...). Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il s’attaque à l’œuvre de Césaire, poète qu’il découvre dès la fin des années 60 et qu’il commence à dire et à chanter en 2000 à Rennes à l’occasion du festival «Les tombées de la nuit ». Mais chanter Césaire, l’inclure dans des spectacles sur la poésie antillaise, est une chose ; mettre en musique le Cahier du retour au pays natal, œuvre majeure du maire emblématique de Fort-de-France, parue une première fois en 1938, en est une toute autre. Pas moins de 61 séquences, tantôt chantées tantôt dites, plus de deux heures de poésie, une dizaine de musiciens mis à contribution, piano, guitare, clarinette, trompette, trombone, violoncelle, contrebasse, apparentent l’entreprise à un grand-œuvre, quelque chose comme la Chanson du mal-aimé de Léo Ferré. Autant dire que l’écriture des musiques, la mise au point des orchestrations, les enregistrements, se sont étalés sur plusieurs années. Aimé Césaire lui-même suivait cette gestation avec attention. Le résultat devait lui être présenté le 26 juin 2008 pour son quatre-vingt-quinzième anniversaire. On sait ce qu’il en a été.
Ce qui enthousiasme, dès l’abord, outre bien sûr le plaisir d’entendre le poème de Césaire, c’est le choix esthétique d’éviter la couleur locale et d’inscrire cette œuvre-phare du mouvement de la négritude dans un jazz contemporain que servent à la perfection chacun des instrumentistes. C’est ensuite l’alternance judicieuse des poèmes chantés et dits, les premiers gagnant en ampleur, les seconds en intensité et émotion. C’est enfin la voix chaude pleine de sensibilité de Bernard Ascal qui habite et habille les mots, comme une parole non pas étrangère mais amie, presque la sienne propre. Colère, amour, révolte, douleur, rire et ferveur, tout sonne juste et paraît écrit d’hier (cela, bien sûr, on le doit avant tout à Césaire, qui ne prendra jamais une ride). Bref; un hommage réussi à celui qui jusqu’à la dernière seconde, refusa la compromission et les honneurs empoisonnés, en dernier lieu, ceux de l’hyper-président vampire qui, après Jaurès et Guy Moquet, s’en fût assurément repu avec délectation.

Si vous souhaitez vous procurer le cd
EPM, réf : 3 017 754

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